« Radical Wars, une plongée dans la radicalisation armée » – El Diablo et Fouad Aouni, Editions Jungle.

 

   Rien ne semble moins drôle a priori qu’un ouvrage qui traite de la radicalisation, en l’occurence la radicalisation islamiste. Mais quand il s’agit d’une bande-dessinée, scénarisée par Fouad Aouni (acteur, sociologue) et mis en dessin par El Diablo (connu notamment pour les « Lascars »), à quoi pouvait-on s’attendre?

   L’ouvrage semble servir une double utilité : prévenir et informer le grand public sur le processus de radicalisation. Transposé dans l’univers de Star Wars, où les adeptes du jedisme cristallisent les angoisses d’une bonne partie de la population, le radicalisme s’impose comme une réponse pour un individu en manque de repères, de valeurs auxquelles se raccrocher et à la recherche d’un statut social au sein de sa communauté. Le jediste, persuadé d’être porteur d’une vérité nouvelle, devient alors le défenseur d’une cause juste face à une société corrompue et mécréante. En soi, avec peu d’autres développements narratifs et humoristiques que la transposition du radicalisme dans un univers très « culture pop », Radical Wars pourrait être en lui-même un livret pédagogique destiné à se protéger et à savoir reconnaître l’un de nos camarades qui filerait un mauvais coton. Et, contrairement aux planches parfois fastidieuses qui accompagnent très souvent les kits pédagogiques, Radical Wars présente l’avantage certain d’être au moins autant une bande dessinée (artistiquement parlant) qu’un réel travail de sociologue (en l’occurence, celui de Fouad Aouni). Le tout formant une réel support de médiation. Chapeau !